Je veux être : Chef de Projets (sinon rien)

Chef de Projets

Après avoir parlé, un peu, de méthodologie, d’adéquation besoin/projet, du rôle de conseil des ESN, et avoir tenté de décoder le vocabulaire usuel, parlons un peu du recrutement.

« Je veux être Chef de Projets »

 

Dressons le tableau.

Toutes les ESN enchaînent les entretiens, tant pour leurs besoins internes que pour ceux de leurs clients. Elles le font également pour constituer un « vivier » de profils mobilisables dans le cas de besoins urgents non couverts par les effectifs internes.

Classique.

Dans ce cadre, nous recevons des profils divers, dont des jeunes développeurs ayant peu ou pas d’expérience. Démarche intéressante dans la mesure où notre rôle « social » est également, autant que faire se peut, de mettre le pied à l’étrier des débutants afin de les insérer dans la vie active. C’est assez compliqué, mais c’est une noble tâche, alors, on y va !

Vie active, vie professionnelle, avec une réalité des entreprises et des « carrières » souvent malheureusement assez différente de ce qu’ils ont imaginé (ou, pire, de ce qu’on leur a inculqué dans les « grandes » écoles).

Pour preuve, la réponse plutôt fréquente, du jeune développeur à la question de savoir où il se voit d’ici un an ou deux : « devenir chef de projets ».

D’accord…

Là où l’on mesure que ceci n’est que de la théorie de ce que devrait être une évolution logique et classique, c’est qu’à la question suivante de savoir quels sont les rôles d’un chef de projets, ses responsabilités, les outils qu’il doit maîtriser, notre jeune développeur ne sait que répondre.

Pire encore, les nuances entre un chef de projets technique, architecture, fonctionnel, manager, etc lui sont totalement inconnues. Rien de grave, me direz-vous, il a le temps de l’apprendre.

Un trajectoire définie et automatique ?

 

Certes, mais ce que nous pointons ici n’est pas tant la logique « ignorance » de tâches liées à un (futur) poste, mais bien la trajectoire supposée qui doit être celle de tout développeur informatique, gravissant (évidemment au plus vite) les étapes intermédiaires menant au Graal.

Eh bien… non. Cette trajectoire n’est ni « automatique », ni même forcément souhaitable. Pour des questions de convenances personnelles, de compétences, de confort ou autres, il faut enfin accepter que l’on peut tout à fait s’épanouir à des postes opérationnels et techniques.

Certains pays (je pense entre autres au Canada ou au Benelux) l’ont d’ailleurs parfaitement compris, et on y trouve de véritables experts en analyse et développement qui ont fait toute leur carrière sans penser qu’ils avaient raté leur vie professionnelle en n’ayant pas sur leur carte de visite un titre ronflant ne correspondant pas à leurs réelles aspirations.

Donc, ami informaticien, rappelle-toi que ce n’est pas parce que tu n’es pas Chef de Projets à 27 ans (ou même 30, 40 ou 50) que tu as raté ta vie 😉